Une machine ne procrastine pas

 

On compare souvent l’homme à la machine en terme d’efficacité. La machine serait plus performante que l’homme dans bien des domaines. On oublie un peu vite que c’est l’homme qui a créé la machine. Et que la machine a pour ambition de débarrasser l’homme des taches rébarbatives. Pour la plupart, ce sont les tâches que l’on reporte sans cesse.

L’avantage de la machine, c’est qu’elle ne procrastine pas, elle fait !

Elle fait.. ou pas. Compte tenu que si vous enlevez la prise électrique ou la batterie, elle ne va pas faire grand-chose. Mais dans la plupart des cas, c’est vrai que la machine fait ! Elle produit, elle avance !

Alors que nous, les humains, on envisage de faire, on fait si … , on fait quand …. Nous sommes les artistes du « fokon yaka ».

– Je dois réaliser telle chose, faut que je vois untel et untel avant.

– L’appareil ne fonctionne plus. Y a qu’à appeler untel pour qu’il vienne le réparer.

Les « fokon » et les « yaka » sont les outils favoris des procrastinateurs… et teuses aussi, parité oblige !

Oui, la machine est plus efficace. Oui, on ne peut que constater que notre projet n’avance pas.
Mais, la machine est efficace dans son domaine. Elle n’en a pas d’autre. Il est difficile de procrastiner quand aucune autre option n’est envisageable.

Alors, peut être que si votre projet n’avance pas, c’est justement parce que vous n’êtes pas assez focalisé sur ce que vous souhaitez réaliser. Et comme vous pensez à x choses en même temps, votre esprit s’embrouille… et vous perdez le fil.

Soit vous n’utilisez pas la bonne méthode pour réaliser votre projet, soit vous avez un projet plus important qui essaie de prendre la place de celui que vous êtes en train de traiter. La bonne nouvelle, c’est que vous êtes un peu plus évolué qu’une machine, et c’est pour cette raison que vous êtes moins efficace, sur le spécifique. Vous, vous êtes au commande d’une myriade de priorités et de procédures.

La théorie, c’est le côté machine, ou le côté « Yaka ». La pratique, c’est vous. Et vous, c’est l’action adaptative.

Pour obtenir tel résultat, vous devez faire telle et telle action…. dans telle situation.

Développons !

Vous devez réaliser un projet.

– Est ce que ce projet vous motive ?
Un projet qui vous motive aura plus de facilité à être réalisé qu’un projet qui vous est imposé. Mais par la force des choses, vous arriverez quand même à vous motiver si vous adhérez au questions suivantes.

– Est-il nécessaire ? Utile ? Obligatoire ?
Nous voyons qu’entre utilité, nécessité et contrainte, la procrastination sera plus ou moins envisageable. Ce qui est utile n’est pas forcément nécessaire, alors que ce qui est nécessaire peut devenir rapidement obligatoire.
* Le poste de radio de votre voiture est utile pour vous accompagner en musique, et il peut être nécessaire pour vous signaler un incident sur la route.
* Il est nécessaire de mettre la ceinture de sécurité pour se protéger des chocs violents, et c’est une obligation du code de la route.
A quoi est ce que je pense le plus ? A la ceinture ou à la radio ?
A la radio, que je peux décider d’éteindre ou de régler sur telle ou telle station. La ceinture, je ne la « procrastine » pas. Je rentre dans la voiture. Je la mets.

– Êtes vous en capacité de le mener à terme ? De qui avez-vous besoin ? De quoi avez-vous besoin ?
Ëtes vous à même de mener votre projet de A à Z ? Plus votre projet sera complexe et plus il sera probable qu’il vous faille faire appel à des tiers. Vous aurez besoin de ressources, c’est à dire de personnes ou/et de matériel.

– Avez-vous d’autres projets plus prioritaires que celui la ?
Si votre projet est de confectionner une tarte aux pommes alors que vous n’avez pas de farine, le projet principal sera d’aller au supermarché. Si vous restez à ruminer que ça serait quand même mieux si vous aviez eu la farine à disposition, vous êtes en mode procrastination..

Que retenir en conclusion ?

Ca n’est pas parce que vous ratez une fois, que vous raterez toujours. Soit il vous faut plus de temps, soit vous avez visé à côté de la cible, et le chemin que vous avez emprunté n’est pas le bon. Pas le bon, ne veut pas dire mauvais pour tout. Gardez cette expérience d’une manière ou d’une autre : écriture, enregistrement…

Retenez aussi que si vous n’avez pas réussi, c’est un fait comme un autre. Une fois que les raisons de l’échec sont connues, prenez acte. Si vous pouvez améliorer, envisagez comment vous pourriez le faire. Si la source de l’échec est totalement indépendante de votre volonté, constatez et révisez votre plan, ou bien constatez et.. passez à autre chose, tout simplement ! Quand on ne peut pas changer une situation, il est inutile de réfléchir à des « si ca s’était passé comme ça, j’aurais fait… ou j’aurais eu… » Ça ne s’est pas passé comme ça, donc, les « si » ne sont d’aucune utilité. Les « si » sont les cousins des « yaka » en fait !
« Si, Yaka et Fokon » sont les démarreurs de votre procrastination. Soyez sûr qu’en les utilisant, votre cerveau va se mettre à mouliner dans le vide, et que pendant ce temps….. il va vous procurer de nouveaux « fokon, yaka ».

Vous ne battrez peut être pas la machine à son propre jeu, mais vous irez bien plus loin, alors même si de temps en temps, vous manquez d’efficacité, rester bienveillant envers vous-même, c’est un bon début pour laisser la procrastination derrière vous.

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